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Giampiero Marongiu, "Le châtiment des élites", ED. Les Nouveaux Auteurs. 2011

(air ambiant)

 
 

...........................................................Stanley Kubrick régla leur compte aux demi génies de la classe moyenne dans un chef-d'oeuvre où Tom Cruise perdait la tête dans la cour des grands et retrouvait ses esprits entre les jambes de Nicole Kidman. Les maîtres du Monde sont environ 300 dans le roman de Giampiero Marongiu, secondés par des gardes plus ou moins rapprochées. En proportion les "élites" ne sont guère plus nombreuses que les grands carnivores parmi les herbivores ... L'auteur n'est pas un repenti, c'est un ingénieur qui fut saisi d'une pulsion d'écriture en posant ses valises au Qatar. Ce n'était pas loin du chemin de Damas. Sa foi repose sur des convictions assez communes dans l'univers des portes ouvertes : un déisme de bon aloi, une passion laïque, un anarchisme sympathique. Chef d'entreprise responsable, père de famille exemplaire, soucieux de son corps comme de son mental, il ne manque ni d'énergie ni de conviction dans son amour des hommes et de la démocratie.

Son roman, repose sur deux constats préalables : "Le premier, et j’en fus très fortement affecté, fut de réaliser que les richesses mondiales proviennent toutes, à leurs origines, d’un acte criminel. Les états se bâtirent sur la guerre, l’usurpation, le pillage la spoliation et le meurtre. Les rois descendent tous d’un barbare plus sauvage que les autres. Les banquiers ne furent rien d’autre aux prémices des systèmes financiers que des usuriers, récupérant à vil prix les fruits de rapines et de vols." Ce ne sont pas les voleurs du trésor du Dey d'Alger en 1830 qui auraient dit le contraire en le réinvestissant dans les forges du Creusot, ni le Dey, chef de pirates compétents pendant des siècles, ni ses amis marseillais ou hollandais... Le deuxième constat est formulé par B.Disraëli, le comble des parvenus de cour : " Le monde est gouverné par de tout autres personnages que ne se l'imaginent ceux dont l'œil ne plonge pas dans les coulisses."

Or quand les braves gens manquent de moulins à vent, ils chassent les bouc-émissaires. C'est une chasse dangereuse ( Mein Kampf) qui se termine invariablement par des massacres avant le retour au calme d'une époque tourmentée. Les bûchers, les galères, la guillotine, les suicides, les pogroms, les chambres à gaz, les lapidations, les goulags, les procès, les dieux, les démons, ....L'arsenal des peuples vaut celui des puissants. On ne peut juger un livre que sur le style... Quelques passages pour s'apercevoir qu'il n'existera longtemps qu'un seul voyage au bout de la nuit et que l'enfer restera longtemps pavé de bonnes intentions

"Contre son gré et ballotté par les vents du destin, celui pour qui l’autorité ne fera jamais force de loi se lance à la poursuite d’un justicier sans visage implacable et sans concession. Seul face au silence des gouvernants, aveuglé dans les méandres des sociétés occultes, ne pouvant se fier ni à sa hiérarchie ni à ses sentiments, trouvera-t-il le fil du labyrinthe de ses angoisses ? "

"Si les larmes des femmes donnent naissance aux ruisseaux qui de rivières en fleuves finissent par remplir les océans, comment mesurer la profondeur des entailles de l’enfance? "

 

Un écrivain a toujours un petit quelque chose du gourou ... Mais les gourous se débrouillent mieux à l'oral que sur le papier.