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LES GAULOIS FAISAIENT DES VOEUX
     
 
Ducruet.M.©.1980.Cannes.
 
 
Les Gaulois craignaient que le ciel leur tombe sur la tête. Ce n'était pas une peur idiote car leur ciel était peuplé de bonnes intentions... En effet nos ancêtres, détestant l'usure, les marchands de tapis, toute cette humanité qui n'arrête de se lamenter qu'en monnayant les secondes, les minutes et les heures, nos ancêtres, dis-je, avaient inventé le prêt à rembourser dans l'au-delà... Des contrats étaient signés entre des parties qui juraient de régulariser leurs affaires au Ciel... On comprend mieux l'admiration des romains devant des gaillards qui combattaient nus et peints en bleu à l'orée des forêts, prêts à honorer leurs échéances entre deux banquets dans les nuages. Leurs femmes n'étaient pas en reste de bonne volonté, César raconte qu'elles ouvraient leurs chemises sur les remparts pour insulter les légionnaires et les époux timides au combat, qu'elles n'hésitaient jamais à égorger leurs nouveaux-nés pour forcer les fuyards à faire demi-tour... Tels étaient nos ancêtres et l'on voit que ces ancêtres-là ne font de honte à personne...

Les voeux ne réveillent pas les morts. C'est une sage décision de la vie car toute réapparition des dinosaures risquerait de faire du tort aux jardins publics... J'avoue que mes voeux ne mènent pas loin : souhaiter de longues vies et des joies ininterrompues à tout-le-monde, c'est croire que tout poney ressemble à Pégase, enfant de Poséïdon et de Méduse puis cheval de Zeus... Il serait plus sage de faire comme les Gaulois : signer des chèques sur le Paradis... pour le compte des morts... Arabes, Chinois, Israeliens, Libanais, Syriens du Congo, Turcs, Germains ... et vertueux capitalistes de la City et de Wall Street ...


 
 
années 80, cannes, rue d'antibes, galerie cavalero, vitrines magiques, plats exotiques,
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